
Ancienne pilote de l'Armée de l'Air et de l'Espace, Sandra Bouxirot a troqué le cockpit contre la salle de classe. Directrice de France-BIA, elle rend le Brevet d'Initiation Aéronautique accessible à tous les jeunes, quel que soit leur pays ou leur milieu. Lauréate du Prix de l'Enseignement et de la Transmission lors de la première édition du Prix Femmes de l'Aéro et du Spatial, elle raconte comment l'aéronautique redonne du sens aux maths et à la physique, pourquoi les parents sont souvent le premier frein aux vocations, et adresse un message simple aux jeunes femmes : osez.
Du cockpit à la salle de classe
Ancienne pilote de l’Armée de l’Air et de l’Espace, Sandra Bouxirot a fait de la transmission le cœur de sa seconde carrière. Interrogée lors de la première édition du Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial, organisé par le GIFAS et Le Journal de l’Aviation, elle reçoit le Prix de l’Enseignement et de la Transmission (Prix Louise Faure-Favier). Elle dit accueillir cette distinction moins comme une récompense personnelle que comme « une mise en lumière de l’ensemble des enseignants qui se consacrent dans l’ombre » au Brevet d’Initiation Aéronautique (BIA), partout dans le monde. Elle y associe aussi les chefs d’établissement qui organisent cet examen de l’Éducation nationale et du ministère des Transports, et les parents qui confient leurs jeunes.
Le tournant de son parcours, elle le situe le jour où elle a intégré, sur concours, l’Armée de l’Air et de l’Espace comme pilote. Elle raconte un syndrome de l’imposteur au départ — « pourquoi moi, je n’étais pas première de classe ? » — avant une carrière qu’elle qualifie d’incroyable, puis l’envie de transmettre cette chance à d’autres jeunes.
Rendre l’aéronautique concrète, et lever le frein parental
Pour Sandra Bouxirot, le BIA attire d’abord des jeunes curieux, en quête de concret face au trop-plein d’informations. Le diplôme rend tangibles les mathématiques et la physique en les appliquant aux avions, à la météorologie ou au principe de vol. Elle cite l’anecdote d’un élève déterminé à devenir architecte, qui découvre en fin d’année qu’il existe des architectes spécialisés dans l’aéronautique et le spatial. Le projet dont elle se dit la plus fière : embarquer ses propres enfants dans l’aventure et voir des étudiants en école d’ingénieurs s’approprier les cours pour les transmettre à leur tour, parents inclus.
Elle identifie un verrou clair : ce ne sont pas les jeunes qui se bloquent, mais souvent les parents qui cherchent à les protéger. D’où la nécessité, selon elle, de communiquer vers les adultes pour ouvrir la filière, en particulier aux femmes. Sur l’avenir, elle défend le maintien de l’humain face à l’intelligence artificielle : aucun de ses cours n’est en e-learning, car l’échange et l’interaction restent au cœur de la vocation. Son message aux jeunes femmes tient en un mot : « Osez ! »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Le Brevet d’Initiation Aéronautique (BIA), examen de l’Éducation nationale et du ministère des Transports
- France-BIA, la structure de cours du BIA dirigée par Sandra Bouxirot
- Le Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial, première édition, organisé par le GIFAS et Le Journal de l’Aviation
- Le Prix de l’Enseignement et de la Transmission (Prix Louise Faure-Favier)
- L’Armée de l’Air et de l’Espace
Au fil de l’épisode
- 00:20 — Présentation de Sandra Bouxirot et ce que représente le Prix de l’Enseignement et de la Transmission
- 00:49 — Un hommage aux enseignants qui préparent le BIA dans l’ombre, partout dans le monde
- 01:11 — La reconnaissance des chefs d’établissement et des parents
- 01:34 — Le défi le plus déterminant de son parcours
- 01:57 — Devenir pilote dans l’Armée de l’Air et de l’Espace, et le syndrome de l’imposteur
- 02:40 — Pourquoi le BIA attire des jeunes simplement curieux
- 03:03 — Rendre concrètes les maths et la physique grâce à l’aéronautique : l’anecdote de l’architecte
- 03:43 — Le projet pédagogique dont elle est la plus fière
- 04:35 — Ce qui manque en France : convaincre les parents
- 05:23 — L’avenir du domaine : garder l’humain face à l’intelligence artificielle
- 06:00 — Son message aux jeunes femmes : « Osez ! »
FAQ
Qui est Sandra Bouxirot ?
Sandra Bouxirot est directrice de France-BIA et ancienne pilote de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Elle consacre aujourd’hui son activité à la transmission de la culture aéronautique auprès des jeunes. Elle a reçu le Prix de l’Enseignement et de la Transmission (Prix Louise Faure-Favier) lors de la première édition du Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial.
Qu’est-ce que le Brevet d’Initiation Aéronautique (BIA) ?
Le Brevet d’Initiation Aéronautique est un diplôme délivré par l’Éducation nationale et le ministère des Transports. Il initie les jeunes à l’aéronautique en appliquant concrètement les mathématiques et la physique aux avions, à la météorologie ou au principe de vol. Sandra Bouxirot souligne qu’il rend tangibles des matières souvent perçues comme abstraites.
Qu’est-ce que France-BIA ?
France-BIA est la structure dirigée par Sandra Bouxirot, qui propose des cours du Brevet d’Initiation Aéronautique en misant sur l’interaction humaine. L’enseignement s’appuie notamment sur des étudiants en école d’ingénieurs qui s’approprient les cours, et refuse le tout e-learning au profit de l’échange et de la transmission.
Qu’est-ce que le Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial ?
Le Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial est une distinction organisée par le GIFAS et Le Journal de l’Aviation pour mettre en lumière les femmes dont l’expertise et le leadership font avancer les industries aéronautique et spatiale. Sa première édition a récompensé plusieurs lauréates, dont Sandra Bouxirot pour l’enseignement et la transmission.
Pourquoi les parents sont-ils, selon Sandra Bouxirot, un frein aux vocations aéronautiques ?
Selon Sandra Bouxirot, ce ne sont pas les jeunes qui s’interdisent l’aéronautique, mais souvent leurs parents, qui cherchent à les protéger et doutent que ces carrières soient accessibles. Elle plaide pour communiquer d’abord vers les adultes, afin d’ouvrir la filière au plus grand nombre et, en particulier, aux jeunes femmes.
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