
Directrice de recherche à l'ONERA, Estelle Piot a reçu le Prix de l'Innovation et de la Recherche – Prix Valérie André, lors de la première édition des Prix Femmes de l'Aéro et du Spatial. Elle consacre ses travaux à réduire l'empreinte environnementale de l'aviation : moins de traînée de frottement, moins de consommation, moins de bruit. Dans cet entretien, elle revient sur un tournant de son parcours — postuler à un poste de direction en plein congé maternité, sa fille de deux mois dans les bras — et adresse un message aux jeunes femmes tentées par le secteur aérospatial.
Décarboner l’aviation, du laboratoire à l’industrie
Directrice de recherche à l’ONERA, Estelle Piot a reçu le Prix de l’Innovation et de la Recherche — le Prix Valérie André — lors de la première édition des Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial, organisés par le GIFAS et Le Journal de l’Aviation. Ses travaux visent à réduire l’empreinte environnementale de l’aviation sur deux fronts : la traînée de frottement des avions, dont la réduction fait baisser la consommation et donc les émissions de CO2, et le bruit, qu’elle relie à « une meilleure acceptation et une intégration de tout ce qui est l’aviation dans notre société ». Elle rappelle que faire passer une innovation scientifique dans l’industrie reste « quelque chose de compliqué », et défend pour cela le partenariat étroit que l’ONERA entretient avec les industriels, pour les acculturer aux innovations et les rendre désirables malgré les contraintes économiques.
Pour maintenir l’excellence scientifique française face à une concurrence mondiale accrue, elle mise sur la formation — « former des bons étudiants » et « réussir à les attirer » — et sur la persévérance, car « on ne fait pas les choses d’un claquement de doigts ».
Oser sa carrière, un bébé de deux mois dans les bras
Interrogée sur le tournant le plus déterminant de son parcours, Estelle Piot revient sur le moment où elle a pris la direction de son équipe de recherche. Elle avait candidaté pendant son congé maternité de son deuxième enfant : « ça a été de me lancer là-dedans avec ma fille dans les bras à écrire la lettre de motivation. Elle avait deux mois. » Lauréate, elle insiste sur la dimension collective de la recherche — « je ne serais pas là si je travaillais en solo » — et a une pensée particulière pour les doctorants qu’elle encadre. Elle souligne aussi combien les modèles de femmes qui avaient réussi l’ont aidée plus jeune, en montrant « qu’il y avait des chemins possibles ».
Son message aux jeunes, et particulièrement aux jeunes femmes, tient en une invitation à oser : « on se met souvent plus de barrières qu’il y en a en réalité » et « le chemin est beaucoup plus simple que ce qu’on croit voir de loin ».
Les références de l’épisode
- ONERA — l’office national d’études et de recherches aérospatiales, où Estelle Piot est directrice de recherche.
- Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial — première édition, organisée par le GIFAS et Le Journal de l’Aviation.
- Prix de l’Innovation et de la Recherche – Prix Valérie André — la distinction reçue par Estelle Piot.
- GIFAS — Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, organisateur du prix.
- Le Journal de l’Aviation — média partenaire du prix.
- Audio Pictura — producteur de cette série d’interviews, partenaire du prix.
Au fil de l’épisode
- 00:20 — Ce que représente le Prix Valérie André pour Estelle Piot.
- 01:03 — La recherche, un travail collectif : sa pensée pour les doctorants.
- 01:49 — Le défi le plus déterminant : prendre la direction de son équipe de recherche.
- 02:15 — Candidater en plein congé maternité, sa fille de deux mois dans les bras.
- 02:39 — Décarboner l’aviation : réduire la traînée de frottement, la consommation et le bruit.
- 02:54 — Faire passer une innovation du laboratoire à l’industrie.
- 03:18 — Le partenariat étroit entre l’ONERA et les industriels.
- 03:55 — Maintenir l’excellence française : la formation et la persévérance.
- 04:24 — L’avenir d’un domaine aéronautique et spatial en pleine mutation.
- 04:47 — Son message aux jeunes femmes : oser, car le chemin est plus simple qu’il n’y paraît.
FAQ
Qui est Estelle Piot ?
Estelle Piot est directrice de recherche à l’ONERA. Elle a reçu le Prix de l’Innovation et de la Recherche – Prix Valérie André lors de la première édition des Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial, organisés par le GIFAS et Le Journal de l’Aviation. Ses recherches portent sur la réduction de l’empreinte environnementale de l’aviation.
Qu’est-ce que le Prix Valérie André ?
Le Prix Valérie André récompense l’innovation et la recherche au sein des Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial, dont la première édition distingue des femmes dont l’expertise et le leadership font progresser l’industrie aéronautique et spatiale. Estelle Piot en est la lauréate.
Sur quoi portent les recherches d’Estelle Piot ?
Elle travaille à réduire l’empreinte environnementale de l’aviation : d’une part la traînée de frottement des avions, dont la baisse réduit la consommation et les émissions de CO2, et d’autre part le bruit, pour une meilleure acceptation de l’aviation dans la société.
Comment une innovation scientifique passe-t-elle dans l’industrie aéronautique ?
Selon Estelle Piot, le transfert du laboratoire vers l’industrie reste complexe. Il repose sur un partenariat étroit entre la recherche et les industriels, afin de les familiariser avec les innovations et de les rendre désirables, malgré des contraintes économiques qui compliquent le chemin.
Quel message Estelle Piot adresse-t-elle aux jeunes femmes ?
Elle les encourage à se lancer sans crainte dans le secteur aéronautique et spatial. Selon elle, on se met souvent plus de barrières qu’il n’en existe réellement, et le chemin est bien plus simple qu’il ne paraît de loin. Elle-même ne connaissait pas ce secteur avant d’y entrer.
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